Une permanence pour les travailleurs.euses du sexe

« Y-a-il une vie après le X ? »

Voilà une question qu’on m’a souvent posée et elle n’est pas anodine à la vue des préjugés persistants. J’ai enchaîné ces derniers mois, pas mal interviews sur le thème de ma reconversion. Il ne s’agit pas de s’épancher sur le passé mais bien de montrer comment celui-ci peut être une richesse, une vraie matière pour se réinventer. Pour ma part, cette expérience dans le X est d’autant plus précieuse qu’elle me permet aujourd’hui de conseiller des hommes, femmes et couples dans leur sexualité, et plus généralement dans leur rapport à leur corps.

Mais cette reconversion à nécessité 6 ans durant lesquelles j’ai traversé des doutes, connu des refus, des annulations de projets. ( J’en dis plus sur mon parcours sur ce post.) Des échecs ? Je les vois plus comme des étapes sur mon cheminement et qui m’ont amenée à aujourd’hui. Et c’est bien tout ce qui importe : Aujourd’hui !

Exister en société quel que soit son métier

Mais durant toutes ces interviews, on m’a beaucoup questionnée sur les autres actrices porno et plus largement les travailleurs et travailleuses du sexe, leurs peurs, les obstacles auxquels ils doivent faire face (à commencer par l’hypocrisie du gouvernement dont les lois ne font que faire aggraver les facteurs de précarité). Les exemples de discrimination sont nombreux. Est donc arrivé le moment où j’ai réalisé que parler ne serait pas suffisant. Chacun et chacune son parcours, et si aujourd’hui j’ai trouvé ma place, il me semble naturel de passer à l’action.

Le 28 Juin dernier, à l’occasion des Putains de Rencontres organisées par le Syndicat des Travailleurs.euses Sexuels, j’ai eu l’occasion d’animer une table ronde sur le thème de la reconversion. Car soyons honnêtes, le métier de prostitué.e (ou ne serait-ce que strip-teaseuse!) a beau être légal, il est rarement moralement toléré et il n’est pas bon de le faire apparaître sur un CV .

Alors comment faire lorsqu’on veut changer de métier, ou développer une activité professionnelle tout en restant travailleur.euse du sexe? Jusqu’à quel point est-il possible d’assumer? Comment garder confiance en soi et inspirer confiance aux autres? Comment s’adapter à un nouveau travail et à ses codes, tout en gardant son intégrité? Comment trouver le courage d’envisager une nouvelle voie? ( Lire mon article « Reconversion professionnelle, savoir partir » , qui s’adresse à toutes et tous).

Vous êtes travailleur.euse du sexe?

En partenariat avec le STRASS, je proposerai des permanences tous les derniers Mardis du mois dans les locaux du Strass, et ce, dès Mardi 28 Janvier de 11h à 16h, pour vous accueillir et vous permettre de vous exprimer dans un cadre confidentiel. Vous pourrez ainsi discuter de tout sujet qui vous est cher.

Ce sera autant l’occasion d’évoquer par exemple vos projets professionnels, (reconversion ou non), votre vie intime, votre rapport à votre corps, tout ce que vous souhaitez améliorer, ou tout simplement tout sujet que vous souhaitez aborder. Le but: vous proposer un espace d’écoute, des conseils, voire un accompagnement pour atteindre vos objectifs.

Ancienne actrice X, désormais coach en bien-être et sexualité, je suis également praticienne en hypnose eriksonnienne. Mon travail actuel est donc d’accompagner ceux et celles qui souffrent de blocages, d’anxiété, qui veulent dépasser des traumatismes, ou qui traversent une période de doutes. Attention, ces permanences sont réservées aux travailleurs.euses du sexe.

Vous trouverez bientôt toutes les infos sur le site du STRASS 🙂

Pour toute autre personne qui souhaitent se renseigner sur mes séances habituelles ( Conseil , Hypnose, Massages Bien-Être , les infos ici. (A savoir que des propositions des formules de coaching personnalisé seront bientôt proposées en nombre limité.)

"On a plusieurs vies dans une vie."

Comments (2)

    1. Bonsoir. Tout d’abord je voudrai saluer toutes celles et ceux qui sont travailleuses et travailleurs du sexe et leur faire part de mon respect et de mon amitié. Je trouve super qu’une personne aussi représentative que Céline leur prête oreille et conseils car soyons clairs ce type d’activité est cruellement jugée par quiconque n’en fait pas partie. Il suffit de regarder autour de soi : prostituées de passage qui sont vite repérées et balancées aux autorités, jugement quasi irrémédiablement négatif pour une nana qui a fait du porno. Tiens arrêtons nous un instant sur ce sujet. En France des actrices de renom ont tenté une reconversion dans le milieu hospitalier. Très compliqué. Leur passé porno ressurgit un jour où l’autre et on les prie d’aller voir ailleurs. D’autres essaient de se faire oublier. Changement de look de vie mais il y a toujours un collègue un voisin un ceci ou un cela qui découvre ce qu’il ne fallait pas. Comme le dit nomi dans son excellent bouquin quand on fait du porno c’ est pour toute la vie. Traversons l’atlantique et atterrissons à la cellule centrale du porno la Californie. Et ben c’est pas mieux. La mythique Gauge mega star du porno hardcore décida en 2005 d’arrêter le X. Ella avait devant elle une petite fortune s’acheta une immense propriété dans l’Arkansas mais se fit vite suer. Alors elle décida de redevenir Elizabeth repris les études à l’université et devint une brillante diplômée. Elle décida de bosser sur un projet d’aseptisation des salles chirurgicales mais même si l’idée était géniale dès qu’on la reconnaissait c’était mort. Elle finit par laisser tomber en disant quand même : qui est le plus degueu ? Moi qui me fait mettre sur un écran ou le chirurgien qui va me maté en se masturbant avant d’aller opérer un type ? Elle revint au porno en 2013 en disant : comme on ne veut pas de moi dans le mainstream il faut croire que ce que je fais de mieux c’est le porno. Alors allons-y. Il y a aussi tiffany six. Elle alternant porno et son poste de prof de science dans une université. À chaque tournage elle savait qu’elle risquait gros si ça se savait. Mais elle aimait le sexe et le fric. Bien sûr les élèves l’ont vite vue sur internet et fut licenciée sur le champ. Elle contesta en justice mais comme le signale Céline elle avait bien sûr tu sur son CV son activité porno. Elle fut donc interdite de toute activité pédagogique étant donné que ses vidéos pornos sont toujours actives sur les sites. Je vous parle d’houston actrice porno célèbre pour avoir été dans le guiness book pour avoir eu à la suite des relations sexuelles avec 620 mecs d’affilee (son vagin est en acier c’est pas possible) et bien elle a tenté l’immobilier. Ça marchait bien mais un jour un client l’a reconnu et a contacté son employeur. Là encore CV incomplet. Virée. Elle devint ensuite escort à vegas puis revint dans le porno tout en cherchant des apparts pour des tournages pornos et elle dit que parfois elle fait ce qu’il faut pour arriver à ses fins si le proprio hésite… Bon pas top tout ça niveau reconversion. Un dirigeant d’une très grosse boîte porno us (pas de pub ici) avoue que toutes celles qui ont tenté une reconversion post porno ont souvent échoué. Les employeurs recherchent sur le net dès qu’ils soupçonnent un CV avec des omissions ou bien elles se font toujours reconnaître par un employé un jour au l’autre. Pourquoi le porno est il aussi discriminant ? C’est incroyable. Alors ce directeur dit ceci : » je les vois souvent revenir après leur échec. Alors moi je pense que puisque le porno fait partie de leur vie il y a faire dans les boîtes de production pour adultes devant derrière les caméras promouvoir les produits etc ». J’arrête là. Céline saura vous comprendre vous porter vers des conseils sûrs. Courage mes ami(e)s. Soyez forts.

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