Visite insolite à Londres

Amoureux des ambiances insolites et des voyages dans le temps,

Je vous invite à visiter cette magnifique demeure qui se trouve au 18 Folgate Street , Spitalfields, à Londres. Pour ma part je crois bien y être déjà allée trois ou quatre fois, et ce fut à chaque fois un réel moment de recueillement. Cette maison décorée et mise en scène par un dénommé Dennis Severs vous propose un voyage intimiste au cœur de la vie d’une famille de tisserands de 1724 à la fin du 19ème siècle; une « time capsule » donc, un passage secret qui traverse le temps.

En parcourant chacune des pièces (dix au total), vous êtes conviés à observer le quotidien de chaque génération.

La visite se fait en petits groupes restreint sur réservation uniquement, de jour mais aussi (et je le conseille) de nuit, éclairés uniquement à la lueur des bougies. Atmosphère à la fois chaleureuse et inquiétante, selon l’endroit où vous vous retrouvez. Autre élément essentiel, elle se fait en silence et appareils photo ou téléphones sont proscrits . Pas de selfie ici, vous êtes tenus de vivre pleinement l’instant présent; car il ne s’agit pas simplement de voir, mais de ressentir. Vous voilà plongés dans une expérience en immersion où mille odeurs vous submergent,et  où la présence de chaque membre de la famille se fait presque palpable.

D’ailleurs seront-ils bientôt de retour ? Il semble que je peux entendre des bribes de conversations

Les murs chuchotent. Alors que je m’aventure d’une pièce à l’autre j’éprouve cette délicieuse impression de m’être immiscée dans une bulle restée intacte. Je suis une visiteuse éphémère, privilégiée, peut-être suis-je le fantôme venu hanter les vivants? Le parquet grince à chacun de mes pas, prenez garde, je ne suis pas loin.

Le feu crépite dans l’âtre, les visages fixes des portraits semblent m’observer, tic tac, tic  tac….

Ici la perruque de M.Jervis , là, la robe de son épouse et son corset, un verre à peine vidé, un journal intime ouvert, l’encre a-t-elle seulement séché? Le lit est défait, les draps semblent émaner la chaleur des  corps qui s’y reposaient il y a quelques heures encore. Soudain mes narines frémissent. Mon corps m’appelle au souvenir. Voilà une odeur que je n’avais pas humée depuis mon enfance. Mais d’où vient-elle ? Une odeur de confiserie, mêlée de bois vernis, de cire, et de fruits confits. Je souris en silence, fermant mes paupières, dégustant secrètement ma Madeleine de Proust.

Soudain le carillon des horloges me ramène à moi. Tiens un chat, ils sont allés très loin dans le sens du détail, il paraît si réel. Je m’approche et sursaute aussitôt. Monsieur le Chat respire bel et bien et balade à loisir son petit corps élastique; nul doute qu’il est ici maître des lieux.

« You see , or you don’t »

(Vous voyez, ou vous ne voyez pas), telle est la devise de la maison de Dennis Severs  qui nous est délicatement rappelée à travers quelques notes au fil de la visite  « . Et en effet, si cette visite offre un ravissement visuel elle est avant tout une expérience, un ressenti, une invitation à franchir non pas le miroir mais le cadre d’un tableau réalisé par les Grands Maîtres. Pour le reste laissez faire votre imagination….

Toutes les infos ici: http://www.dennissevershouse.co.uk/

"On a plusieurs vies dans une vie."

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