Nouvelle Erotique #2

Petite Lecture Erotique

A l’occasion de la St Valentin je vous postais le début d’une petite nouvelle érotique que j’ai eu le plaisir d’écrire il y  a quelques années. Voici la suite de « Mise à nue d’une femme coquette ». Bonne lecture!


Elle ne pouvait contenir un sentiment confus

lorsqu’elle croisait des ouvriers attroupés dans une rue en travaux.  Depuis son plus jeune âge, la vision seule d’un groupe d’hommes faisait monter en elle une violente excitation qu’elle ne pouvait s’expliquer. Comme une proie désireuse de se faire dévorer, un mélange de terreur et de fascination figeait alors sa respiration. Leurs regards carnassiers réveillaient en elle une pulsion, l’envie d’être prise à même le béton, de voir ses vêtements déchirés, d’être mise à nue devant tous, exposée en pleine rue, forcée de jouir avec chacun. Ils déverseraient sueur et rage sur son beau visage. Son mascara s’étalerait sur ses joues en de longues coulées noires. Elle se relèverait alors honteuse, rabaissant sa jupe sur ses bas filés, les genoux noircis…. Abîmés comme lorsqu’elle se blessait petite après avoir trop joué au loup après les garçons.

Elle rêvait d’une violence qui l’arracherait à elle-même.

Dans le film de ses rêves, la brutalité serait toujours motif d’excitation. Les insultes n’étant jamais « le mot de trop ». Mais la parole libératrice, celle où le jugement s’incline devant le jeu. Celui où la norme s’efface, où l’inconscient jaillit, où la femme se fait femelle, chienne, salope, sans ne jamais rien craindre. Elle serait souillée sans se sentir salie. Là résidait toute la beauté complexe de ses fantasmes. Là était la frontière entre ses rêves et le monde réel. Limité. Dans le sien chaque violence infligée s’ajustait à son propre désir sans qu’elle n’ait besoin de l’exprimer. Chaque geste, chaque baiser, chaque main pressée sur un sein ou claquant ses fesses précédaient ses désirs et savaient la surprendre. Elle avait le contrôle de cet univers et pour cette raison elle pouvait s’y abandonner. Tout était parfait.

Ceux qui la dégoûtaient le plus en arrivaient à devenir sa substance libidinale préférée.

Elle ne pouvait se l’expliquer. Les défauts qui l’insupportaient dans son quotidien, qu’ils s’expriment à travers l’arrogance, la froideur, ou simplement l’indifférence pouvaient réveiller en elle un désir de contact brutal, de choc, de morsure. En temps normal il n’aurait jamais été concevable de séduire ces hommes et il était inadmissible de les laisser la toucher. Pourtant. De manière inexplicable cette répulsion trouvait son contraire lorsqu’elle s’offrait une escapade dans les rêveries qui l’emportaient désormais toujours un peu plus. Ce qui lui semblait mal devenait le fruit à croquer. Et dans son œil avide tout se tordait pour prendre l’attrait du vice.

Elle se réjouissait presque de son héritage moral, le carcan de son éducation étriquée. Pendant longtemps ils lui étaient apparus comme un handicap, une mécanique encombrante ancrée au plus profond d’elle-même et annihilant toute spontanéité. A présent, tout ce qui allait à l’encontre de cette « parfaite « éducation faisait d’elle la toute aussi parfaite petite garce, l’élève rebelle qui refuse d’appliquer la leçon. Elle s’insurgeait contre ce qui l’avait construite, ce qui l’avait enfermée. Et cette idée de faire un bras d’honneur à son image de « jeune femme modèle » l’excitait au plus haut point.

Sans doute était-ce le désir irrépressible de perdre le contrôle qui l’animait le plus,

elle qui maîtrisait tout de sa vie. Chaque jour était une case qu’elle noircissait dans son agenda, chaque action était une tâche, une date, et chaque chose avait sa fonction. Dans les aventures d’une nuit, d’une heure, elle enfreignait la règle, s’extirpait du temps, s’insurgeait contre l’ordre, le sien, mais aussi ses valeurs, ses habitudes, ses peurs. Les femmes qu’elles jalousaient devenaient ses muses, les hommes qu’elle haïssait, ses amants.
Elle trouvait en un inconnu l’autorité d’un maître, d’un esclave, car dans ses rêves, il le méritait.

 

   Lire la suite de la nouvelle érotique….


Et vous, écrivez-vous des récits érotiques? N’hésitez pas à partager vos liens ou extraits de textes en commentaires, ou le titre de vos récits érotiques préférés!

"On a plusieurs vies dans une vie."

Comments (6)

  1. Est-ce qu’elle va se faire culbuter par un rude prolo aux mains calleuses comme dans « Le Boucher » d’Alina Reyes, ou comme dans les films où Marilyn Jess recevait la visite du plombier ?:) Blague à part, je vous l’ai déjà dit ailleurs mais vous avez un joli talent de plume, qui restitue très bien le sentiment de rêverie du personnage. J’espère que vous pourrez continuer à faire fructifier ce don. Aurons-nous droit à d’autres textes du même genre à l’avenir sur ce blog ?

    En tout cas, pendant que vous vous faites les dents sur la fiction, j’espère vraiment que vous privilégiez l’écriture de votre récit autobiographique – désolé si vous me trouvez relou d’insister là-dessus – car je pense que ce sera le moyen idéal pour faire connaître votre talent, mais aussi imposer votre vrai nom dans l’esprit du public, accompagner votre nouvelle carrière, etc. Il ne faut pas oublier que la reconversion de Brigitte Lahaie avait été boostée par la publication de ses mémoires et – je dis ça sans méchanceté à son égard – vous écrivez nettement mieux qu’elle. Bien sûr, l’époque est différente, mais la publication d’un livre reste l’un des meilleurs moyens pour se faire prendre au sérieux. Quoi que l’on en dise, un livre c’est plus « solide » qu’un blog, au moins dans l’esprit d’une partie du public. A ce titre, j’ai été ravi de voir, dans l’interview en italien sur cineocchio, que vous annonciez une date précise pour votre livre, et j’espère que nous pourrons bientôt en profiter !

    Je sais que l’écriture est un travail un peu ingrat (et qu’il est difficile quand on jongle avec plusieurs activités) et j’admire ceux qui parviennent à s’y consacrer : mais de manière générale, je vous encourage vraiment creuser dans cette voie parce qu’encore une fois, vous êtes douée.

  2. Aaaa Okay…I’m sorry about the question it is just I’ve seen your feet before and it is perfect…or better all of you is. I’m your fan from Brazil, congratulations for your job and I’m loving this blog…Thank you

  3. Le talent et le don que vous aviez pour nous faire rêver et fantasmer se retranscrit tout naturellement dans votre plume !
    Et ce n’est pas votre livre qui démentira… Bien au contraire.
    Bravo Céline et merci de nous faire rêver encore…

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