Lecture érotique #1

Instant érotique

Il y a quelques années je m’étais essayée à l’exercice de l’écriture de la nouvelle érotique, histoire de tenter l’expérience. Je vous propose donc en cette journée de Saint Valentin , de la publier aujourd’hui sur ce blog. Rien de cru dans ce texte, je suis restée « soft » pour cette première 😉 Mais qui sait, peut-être un jour j’irai plus loin. Voici la 1ère partie de ma petite nouvelle. Bonne lecture!


 » Elle avait l’habitude de ne pas accepter les rendez-vous.

Elle trouvait toujours une excuse pour ne pas se laisser tenter, se contenter d’écouter un compliment avec politesse et s’esquiver ensuite dans un sourire quelque peu gêné. Sagesse ou lâcheté, le résultat restait le même. Elle se réveillait chaque matin seule dans ses draps, rêvant d’un bras pour l’enlacer, d’un torse sur lequel promener ses doigts.

Plaire à un homme c’est être consciente que l’on a accès à son lit.

Il suffit de dire « oui », ou même simplement « peut-être ». Une femme qui émet un doute, plus encore qui acquiesce, est une femme qui semble accepter l’idée que ça puisse aller plus loin. Et envisager cette possibilité est déjà une manière d’amorcer l’acte. « Ai-je à ce point envie de lui pour courir le risque d’être déçue ? » Une attitude arrogante, un mot mal choisi, une réflexion indiscrète ou une odeur de peau trop âcre … Ce qui semble être un détail pour certains pouvait elle l’anéantir. Si tout à ses yeux était chargé d’un potentiel, de la possibilité d’une promesse érotique, tout pouvait également devenir une excellente raison de briser son élan. Elle avait ainsi renoncé à une étreinte pour un mauvais grain de peau, un rire trop sonore, un ongle sale, des chaussures mal assorties, un mot de trop, un mot de moins.

Pour la séduire il fallait littéralement l’envoûter et pour cela il fallait que la musique soit parfaite.

Tout devait s’unir en un moment précis dans une harmonie rare. Alors seulement elle acceptait de se laisser porter, de se donner. A défaut de livrer son cœur qu’elle ne faisait battre que pour quelques frémissements furtifs, des mirages du vertige amoureux, elle était disposée à partager son corps. Or, pour y accéder il fallait en premier lieu dompter son cerveau. Virtuose faisant glisser son archet sur les cordes sensibles des émotions, elle ne pouvait céder qu’à l’excellence. Celle-ci avait la possibilité de s’exprimer à travers la performance, l’intelligence, la prestance ou, pourquoi pas, la simplicité, tant que cette dernière était touchante et en cela exceptionnelle. Elle n’atteignait l’extase qu’à travers la transe. Il fallait qu’elle se perde, qu’elle jouisse, s’évanouisse. Alors, elle se sentait vivante. Sans cela, elle n’était qu’une âme en quête de chair avec laquelle fusionner.

La normalité la rendait folle.

Chaque fois qu’elle s’était vue revenir d’une aventure banale et par conséquent médiocre, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir honteuse, accablée, marquée par l’impression d’avoir été trompée, d’avoir perdu son temps, de s’être gaspillée. Non pas qu’elle ne puisse frémir à la douceur d’une caresse, d’un mot tendre, d’une main effleurant son genou ou d’un baiser déposé dans le creux de son coude. Bien au contraire, ses sens étaient démultipliés et aiguisés à leur paroxysme au point qu’ils étaient sollicités en permanence, la maintenant dans un état de torture lente où elle se languissait de ne pouvoir trouver l’amant/ bourreau qui l’en délivrerait.

Plus qu’aucune autre femme elle ressentait le plaisir dans ses moindres degrés, ses infinies subtilités. Et celui-ci ne trouvait son écho que dans le raffinement, la magie d’un moment, d’une brutalité dosée, ou d’une parfaite alchimie. Elle avait donc pris l’habitude de refuser les invitations au flirt de manière systématique. Pas d’ouverture possible, pas de rencontre, pas de risque. Et surtout, pas de déception.

Enfermée dans sa bulle d’images où sa chair n’en finissait jamais de jouir

et de couler en celle des autres, elle vivait une sexualité paresseuse et s’y complaisait des heures durant. Le soir dans son bain elle glissait sa main entre ses cuisses. Elle s’enfonçait dans l’eau jusqu’à ce que la mousse couvre son front, jusqu’à ne plus entendre que son cœur ralentir lourdement. Puis elle fermait les yeux, glissant toujours plus, jusqu’au refuge d’un demi sommeil où tous les rêves s’offraient à elle en silence. Alors, dans cette pièce à laquelle elle seule avait accès, elle se permettait toutes les rencontres, tous les excès, tous les risques. Pas d’échec possible dans son cerveau qui comblait tous ses désirs.

Les hommes de ses aventures cérébrales étaient souvent forts, virils, dominants…

Parfois même ils la forçaient, mais selon une intuition qui ne pourraient jamais la blesser. Il lui arrivait d’être toute aussi rêveuse devant un jeune étudiant à la grâce efféminée assis à quelques mètres d’elle alors qu’elle tournait les pages d’un roman à la terrasse d’un café. Elle le dévisageait jusqu’à ce que les pommettes du jeune homme s’empourprent. Elle voulait boire en lui l’innocence, le nourrir en retour de son savoir, l’ éduquer, lui enseigner l’art et la manière de rendre humide ses cuisses humides, même si elle savait que son désir à lui était porté vers les hommes.

Sous ses ordres, il se masturberait devant elle, contraint de la regarder, elle qui ne le toucherait jamais. Elle lui imposerait de se caresser durant ses heures de cours. Assis sur le banc d’un amphithéâtre, il serrerait ensuite la main de son professeur alors que sa peau serait encore moite, elle y enfouirait son visage à son retour, savourant le parfum mêlant le plaisir à la honte. L’interdit était le cœur de sa libido.  »

 

Lire la suite de la nouvelle érotique……..


Et vous? Ecrivez-vous ou lisez-vous des récits érotiques? postez vos extraits de textes ou références en commentaires!

"On a plusieurs vies dans une vie."

Comments (3)

  1. Un bien joli texte… très soft comme tu l’avoues… mais c’est d’autant mieux car cela fait travailler l’imagination !
    J’ai hâte de lire la suite…

  2. « Pour la séduire il fallait littéralement l’envoûter et pour cela il fallait que la musique soit parfaite »
    Votre lecture érotique est très intéressante. Surtout avec cette phrase que j’ai particulièrement relevé.
    J’aime la femme dans tout ce qu’elle représente de féminité. Et ce qui m’a toujours fasciné chez Elle, c’est de jouer avec cette forme de timidité qui me caractérise. En effet, je n’ai jamais su draguer, j’ai toujours trouvé ça un peu ringard. Par contre, charmer en n’ayant pas peur des mots mais toujours avec délicatesse et courtoisie tout en gardant ses distances sans ne faire aucune avance, cela a toujours interpellé les femmes qui me fascinaient. De toute façon, je n’ai jamais su faire le premier pas pour coucher. Non pas que je sois manipulateur, mais peur de me tromper et au final laisser le sentiment de manquer de respect. De ce fait, j’essaie d’imaginer tout ce qui se passe dans sa tête. En ce qui me concerne, l’érotisme démarre à ce moment-là, comme un jeu de séduction et attend qu’elle craque ! Cela peut durer plusieurs jours. Voir plusieurs semaines ! J’adore ensuite ce moment là où elle se lâche et me saute dessus !
    Je vous ai raconté ma coquinerie à moi, j’espère ne pas vous avoir trop ennuyé. Mais l’histoire de votre héroïne m’a inspiré…
    Je vais lire la suite…
    Merci Céline

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