Visite du Palais des Etoiles : l’Opéra Garnier

Il est étonnant de constater que lorsqu’on habite un endroit, une paresse s’empare très vite de nous. Happés par la routine notre quotidien nous laisse souvent peu de temps libre et d’énergie (déjà bien dépensés dans les transports surtout lorsque nous nous trouvons à Paris). C’est ainsi qu’on se crée de petits rituels : cinéma, restaurants, soirées Netflix, mais la curiosité de visiter un musée, une exposition, un monument historique ne nous vient pas forcément à l’idée. Pour ma part l’idée seule d’un bain de foule me coupe très vite l’appétit.

Or, voilà qu’il y a quelques jours une partie de ma famille débarque à Paris. Je me mets donc tant bien que mal à jouer les guides, bien bête de peu connaître l’espace où pourtant je trottine tous les jours d’un point à un autre. Il faut parfois un élément extérieur pour nous faire réagir. Je ne vais pas m’en plaindre, cela m’a valu de belles découvertes. Peut-être connaissez-vous déjà ces lieux car ce sont des « classiques, des incontournables ». Si ce n’est pas encore le cas, alors vite, précipitez-vous. Le temps d’une petite promenade vous voilà hors du bruit, hors du temps, et vous repartez apaisé, l’esprit plein d’images qui vous berceront le soir-même…

Aujourd’hui Mesdames et Messieurs nous pénétrons dans les coulisses d’un magnifique palais, je veux parler du très fameux Opéra Garnier, oui oui ce grand bâtiment devant lequel vous vous donnez rendez-vous en sortant du métro, devant lequel vous passez à chaque emplette à l’Apple store, au Printemps ou aux Galeries Lafayette. Allez, retirez 9 euros de votre budget shopping et offrez-vous un voyage au 19ème siècle, aujourd’hui on se balade au palais des petits rats et des étoiles.


L’escalier digne du château de la Belle et la Bête…

A peine après avoir quitté le hall d’accueil feutré où nous achetons nos tickets, nous voilà éblouis par la somptuosité de l’architecture. La Pythie nous accueille, régnant en maîtresse sur un bassin. Pouvons-nous y voir notre destin ? Une sensation d’être écrasé se fait ressentir, très vite les regards se lèvent.  Sous une nef de marbre haute de trente mètres, un immense escalier à double révolution et digne des plus beaux contes de fées mène la danse et nous fait accéder aux foyers et aux différents étages de la salle de spectacle.

La salle où contempler les étoiles

Si elle s’inscrit dans la tradition des théâtres « à l’italienne » (pour sa structure en demi-cercle et où les spectateurs sont placés à plusieurs niveaux : orchestre, corbeilles, balcons, galerie), elle adopte une disposition « à la française » (les sièges sont classés par catégorie) afin de voir mais aussi d’être vu. Marbre, velours, dorures, lustres de bronze et de cristal …

Comment rêver plus bel écrin quand on est danseur?

J’avais, il y a quelques années, assisté au ballet La Belle au Bois Dormant à l’Opéra Bastille et malgré la très haute qualité du spectacle je dois admettre avoir été déçue par le bâtiment, la scène, la présentation de la salle. Tout était froid, sans âme. Ici l’histoire brille à chaque détail, le charme a déjà opéré avant même que les danseurs et danseuses n’aient investi la scène. S’il n’est pas possible de prendre des photos, un accès nous permet tout de même de regarder cet espace. Seul hic à mon sens, le plafond. Peint par le célébrissime Marc Chagall il semble jalouser la splendeur de ce qu’il surplombe et nous ordonne de le regarder, criant à travers un flot de couleurs vives. Je lui aurais préféré plus de discrétion et de finesse mais que voulez-vous, l’art (et heureusement), n’est pas qu’affaire de goût.

Le Salon du glacier, la galerie: d’or et de lumières…

Attention si vous n’aimez pas la dorure et ce qui brille, passez votre chemin. Ma préférence va aux vieilles pierres mais je dois reconnaître que Monsieur Garnier dont une copie du buste est ici exposée, a joué la carte du spectaculaire jusqu’au bout et ça mérite d’être respecté. Jeu de miroirs, immenses fenêtres démultipliant l’espace, lustres étincelants, mosaïques colorées… Le salon du Glacier y ajoute sa note Belle Époque, les salons du Soleil et la Lune  leur esthétique mystique. De ce lieu stratégique on peut admirer le sublime escalier ou nous poster aux fenêtres où s’offre à nous une vue imprenable sur l’avenue de l’Opéra qui s’étend jusqu’au Louvre,.

L’adorable bibliothèque

Oh quelle jolie surprise ! Voilà qu’au bout de la galerie se trouve une petite bibliothèque et dont la disposition et les dimensions me laissent rêveuse.

Un jour j’habiterai une grande maison qui pourra abriter un bijou à l’image de celui-ci !

Livres anciens, petites échelles pour les atteindre, la mémoire du théâtre se trouve ici, sur trois siècles. Des gravures exquises représentant en miniature les décors de la salle de spectacle sont exposés. L’occasion pour Dodo de taper la pause et de prendre quelques clichés.. En poursuivant notre promenade nous arrivons à la partie musée qui nous présente ces jours-ci une magnifique exposition mêlant décors et costumes. Un vrai délice.


Jouer les petites souris

Si la visite m’a éblouie je n’en demeure pas moins songeuse. Combien de dédales, de couloirs, de passages secrets se cachent sous le dôme de cet immense palais ? Les coulisses ne sont aujourd’hui réservées qu’aux artistes et aux techniciens, voilà un privilège que je leur envie. Idem pour le foyer de la danse qui n’est plus accessible au public, ce qui le rend d’autant plus fascinant. Sujet d’inspiration à de nombreux peintres et écrivains, tels que Balzac ou Degas, il est exclusivement réservé aux artistes du ballet qui l’utilisent avant, pendant et parfois après le spectacle, comme salle de répétition et d’échauffement.Qui sait un jour, je parviendrai à jouer les petites souris pour accéder à ces autres trésors ? En attendant il me tarde d’assister à un ballet. Car après tout,

la plus grande richesse de l’Opéra est là, faite de chair et de sueur, à travers la grâce de ses danseurs.

 

Toutes les infos sur l’Opéra Garnier: cliquez ICI

"On a plusieurs vies dans une vie."

Comments (2)

  1. Si il y a bien un endroit du Paris Hausmanien que j ‘ excrète , c ‘est bien l ‘ opera Garnier , cette bonbonnière , ce bâtiment me fais vomir mon âme , c ‘est physique Céline , je n ‘ y peu rien

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